Le lancement du parcours PMA
Lorsqu’on se lance dans un parcours de PMA on reçoit de la part du spécialiste qui nous suit un protocole, un mode opératoire. Celui-ci variera d’un parcours à un autre mais dans les grandes phases il prendra la même trajectoire : une phase de stimulation hormonale suivi d’une phase plus ou moins assistée de fécondation puis une phase d’attente pour voir si le cela a fonctionné.
Toutes ces phases sont agrémentées d’un petit cocktail de médicaments qui varie selon les situations. Médicaments qui ne sont pas sans aller sans certains effets secondaires. Nous sommes toutes inégales sur ce sujet, certaines en ressentiront beaucoup d’autres non. Ce qui nous est commun en revanche lorsque l’on se lance dans ce protocole c’est notre capacité à nous mettre en mode « machine de guerre ». A la réception de l’ordonnance, qui pourrait en inquiéter plus d’un(e), on se pose on digère l’info et instinctivement on se met en ordre de marche. On s’organise, on regarde en fonction de notre mode de vie quels aménagements nous allons devoir faire, en fonction de nos impératifs comment nous allons nous organiser etc.
Les différentes phases ne nécessitent pas les mêmes aménagements. Elles ont toutes comme vous le verrez leurs spécificités et leurs lots de choses à gérer. Alors que la phase de stimulation hormonale nécessitera plus des aménagements d’ordre opérationnels la phase post transfert embryonnaire nécessitera elle des aménagements d’ordre plus émotionnels.
Mon parcours a été assez long, il a en effet duré sept ans. Il ne s’agit pas de sept années au cours desquelles nous avons fait en continu des tentatives de FIV mais de sept années à compter du moment où nous avons consulté un spécialiste et nous sommes lancés dans ce parcours de PMA à la grossesse de ma première fille. Ces sept années ont fait l’objet de pauses pour laisser à mon corps et nos esprits le temps de souffler un peu et/ou tout simplement profiter du bon temps ensemble. En effet être lancé dans un protocole de PMA aussi long soit- il ne signifie pas mettre sa vie de côté bien au contraire. Des moments de doutes, de certitudes, d’introspection, d’exploration. Se lancer dans un parcours PMA est un réel voyage exploratoire. Il y avait le voyage au centre de la terre de Jules Verne, place au voyage en son propre centre, univers. On se re découvre, on apprend des choses sur nous, sur le fonctionnement de notre corps, sur notre capacité de résilience, sur ce que l’on est capable ou non d’accepter, sur notre ouverture d’esprit, sur nos schémas de vie. De nature cartésienne et pragmatique j’ai été surprise, comme de nombreuses femmes interrogées à ce sujet, sur les pistes explorées pendant ce parcours : hypnothérapie, acupuncture, sophrologie etc. Quand le désir d’enfant est là et que nous n’y arrivons pas, nous sommes prêtes à remettre en question beaucoup de croyances et explorer bien des pistes si elles nous permettent d’arriver à nos fins.
Une sensibilité plus affutée et un nouveau sens des priorités se dessinent aussi petit à petit, rebattant ainsi les cartes de certaines relations, amitiés et nouvelles amitiés.
Au cours des périodes de PMA j’ai souvent eu l’image d’une fille ayant certains jours des épaules tellement costaudes qu’elle pouvait porter toute la charge du monde et cette même fille qui du jour au lendemain se retrouvait avec des épaules sous dimensionnées et qui pouvait être ébranlée par la moindre contrariété banale.
Bref, bienvenu dans le monde de la stimulation hormonale 😊